Clark Harris Womens Jersey  L’agriculture peut-elle être auto-suffisante en énergie ? - Petros Chatzimpiros





L’agriculture peut-elle être auto-suffisante en énergie ? - Petros Chatzimpiros


Merci au Shift Project et Petros pour cette présentation intéressante.
La conversion Energie-Biomasse est très intéressante! De ce que j'ai compris, vous vous êtes attaqué au modèle "ferme france" en partant des flux. Est ce que c'est possible de se poser la questions des stocks également? Car la question de la fertilité des sols par exemple est lié au stock de carbone présent au temps T. ( Ce stock est nourris par le retour de biomasse au sol, et détruit par la vie du sol, qui la mange). à mon sens, la baisse de quelques points de MO de nos sols durant la même période marque une dissipation d’énergie très conséquente. Chaque point de MO nécessitant pour son entretien d'un apport constant d'une très grande quantité de biomasse annuellement...
Et chaque point de MO, dans une agriculture intelligente ( SCV), permet d'éviter des dépenses d’énergie : c'est la vie du sol et des plantes qui le "labour", le fertilise en grande partie (fixation d'azote par bactérie de la litière), et moins de phyto-pathologie nécessite moins de phyto-sanitaire...
Ce qui me fait également douter de la capacité à exploiter sur le long terme les résidus de cultures comme source d'approvisionnement énergétique... si cela ce fait, ce sera au détriment du stock de MO des sols.
Ce serait intéressant de pousser la réflexion un peu plus loin dans ce sens, pour réfléchir sur quels techniques agricoles sont à promouvoir, notamment SCV Vs Labour...

La conclusion sera certainement aussi à contre-courant de la pensée dominante... ( un peu comme le nucléaire). # Glyphosate VS #biocoop
Bel exposé technique sans doute simplifié par le présentateur afin que les invités puissent comprendre mais qui nécessiterait encore d'être plus simplifier pour une meilleure compréhension de tous.
Ultra passionnant, même si y'a quelques lapsus qui n'aident pas.
J'suis pas sûr d'avoir bien compris mais il me semble qu'il y a un truc qui va à l'encontre de ce que je pensais :

1_ si je comprends bien en fait il faut garder les gros ruminants parce qu'ils sont sur des prairies et en gros la prairie équilibre les émissions de méthane des vaches ?

2_ les granivores (poules) et les monogastriques (cochons) émettent au final plus de GES que les vaches parce qu'ils mangent des trucs qui nécessite trop d'énergie fossile ?

3_ 3/4 des surfaces agricoles mondiale c'est des prairies, uniquement exploitable par des ruminants. Je ne comprends pas ça, pourquoi une prairie ne serait pas exploitable par autre chose, genre maraîchage ou autre ?

Pardon pour mes questions de béotien, j'veux être sûr de bien comprendre.

Merci au shift et aux intervenants, tout ça est passionnant.
Et si on remplaçait les énergies fossiles par des énergies renouvelables pour l'agriculture de demain ?
Je retrouverai le pointage ultérieurement, mais un ratio faible avant motorisation et énergie fossile, ça permettrait déjà un artisanat et d'autres production. J'ai l'impression de points de méthode à approfondir.
Je vais devoir creuser les sources, mais je sens des contradictions. 52:00 prétendre à l'incapacité d'électrification de l'agriculture en même temps que l'on discute la constance de rendement entre agriculture 'homo-motrice', par animaux de trais ou motorisé au dérivés pétroliers... Méthodologiquement ça demande un approfondissement.
Quid des produits 'non alimentaire'?...
Les tracteurs a pile à combustible, cela ne fonctionnerait pas?
Intervention biaisée par des présupposés idéologiques végans : au début, l'assiette est végane!!!! Et la conclusion est imparable (pour un végan) : il faut supprimer l'élevage! Personnellement, je conseillerais à Pétros Chatzimpiros de sortir de son laboratoire et d'aller voir ce que peuvent faire les éleveurs qui passent en agriculture de conservation. Ils visent l'autonomie alimentaire, augmenter le taux de matière organique dans le sol au maximum et produire un maximum de biomasse que ce soit avec les couverts végétaux et les cultures de telle sorte qu'ils puissent en divertir une partie vers la production énergétique. Dans ces conditions, ils peuvent se permettre des permutations du style remplacer la paille de la litière dans l'étable par du BRF (le fumier de BRF est plus facilement assimilé d'après des agriculteurs qui l'ont essayé et les vaches n'ont rien contre ce type de litière) issu des arbres taillés en têtard présents dans les parcelles (agroforesterie : à raison de 50 arbres à l'ha, ça ferait à l'échelle des 18 millions d'ha de grandes cultures 0,9 milliards d'arbres ou à raison de 20-30 kg de carbone séquestré, 27 millions de tonnes de C/an séquestrés, moins évidemment si on utilise régulièrement la frondaison pour les usages mentionnés) et envoyer la paille de blé au méthaniseur. Il y a aussi possibilités d'utiliser le BRF pour faire des solutions aqueuses d'acides aminés (à 30% en masse d'acides aminés) par fermentation dans de l'eau et du sucre. K. Schreiber a déclaré que ça remplaçait la moitié de la fertilisation azotée en étant appliqué à 30-40 L/ha lors du semis sur la ligne. Il y a eu et il y a des essais en cours pour préciser les rendements et les modalités. Et c'est sans compter, pour la fertilisation azotée, avec ce qui est apporté par les couverts végétaux comprenant des légumineuses (il y a un éleveur du Gers qui avec un couvert préalable à son maïs fait un apport estimé à 200 unités d'azote). Il y a aussi l'espoir d'un apport supplémentaire d'azote avec les bactéries libres fixatrices d'azote atmosphérique qui travaillent à l'ombre dans le paillage. Je crains fort que le NH3 industriel soit sur la pente du déclin ainsi que les estimations faites dans les modèles en prenant uniquement en compte l'azote d'origine industriel. C'est donc des idées qui circulent et qui sont mises et qui commencent à être mises en œuvre. Et puis, on peut même envisager de faire du semis direct avec des semoirs attelés à des percherons. Il y en a un qui fait ça dans le sud de la France. Comble de l'horreur pour un bigot végan. Le monde est bien plus riche et complexe vu d'une parcelle agricole que vu d'un laboratoire parisien.
En bref:


Petros Chatzimpiros :

– Aujourd’hui, dans notre système de production agro-alimentaire, il y a 4 facteurs de dissipation de l’énergie (10:10):

1. Élevage de granivores < élevage d’herbivores (10:25)
Les prairies ne sont valorisables que par des ruminants. Elles composent 3/4 de la surface agricole exploitable de la planète. Si on ne fait pas de granivores, on met hors circuit de production 3/4 de la surface dont on dispose et on continue à fonctionner avec 1/4. Si on était tous végétariens, avec 1/4 on produit forcément moins qu’avec 4/4 au service de la production. Faut pas abuser en nourrissant les ruminants avec du grain. Ils valorisent de la biomasse qu’on ne sait pas valoriser autrement.

2. L’efficacité d’utilisation des nutriments, des engrais (12:26)
On a du mal à augmenter les rendements dans la production d’engrais de synthèse (25:42). On arrive à l’asymptote, à la limite de l’amélioration de l’efficacité.

3. Les résidus, ce qu’on laisse dans les champs (30:11)
Les résidus c’est de la biomasse pas utilisée. On utilise très peu cette biomasse.
Si on utilise toute cette biomasse, on n’a pas de quoi compenser la consommation actuelle d’énergies fossiles.

4. Le rendement de l’énergie investie dans l’agriculture (24:10)
La traction animale c’est 8 à 10% d’efficacité.
Un moteur c’est 30 à 40% d’efficacité.
Si on met de la biomasse dans le moteur (bio-fuel) on descend à 12 ou 16% d’efficacité soit presque le même rendement !

Dernière diapo à (33:34)

[production de viande : priorité aux ruminants sur prairie]
Ce qu'il faut faire si on veut maximiser la production alimentaire :
Garder les ruminants (vaches) qui se nourrissent dans les prairies existantes, sans leur donner rien d'autre comme aliment.
Les ruminants émettent plus de gaz à effet de serre (GAES) que les monograstriques (MG ; porcs, volailles…). Mais les MG se nourrissent sur des terres arables (surfaces cultivables) qui émettent aussi des GAES, surtout de l’oxyde nitreux (effet de serre 300x celui du CO2, 2 ou 3x celui du méthane)(1).
Si on élimine les MG, on élimine les émissions de GAES des terres arables.
1 unité de terre arable a un impact plus grave qu’1 unité de prairie.

[le pétrole en priorité à l’agriculture]
On peut pas avoir 70% de la population en ville et 30% à la campagne sans apporter une énergie externe.
Dans le cadre de la transition énergétique, il faut garder un minimum d’énergie fossile pour l’agriculture, et faire la transition dans tous les autres secteurs.
Contrairement à ces autres secteurs (résidentiel, industriel…), l’agriculture est très difficile à électrifier. On le voit déjà avec le transport et la voiture électrique… ce qui est électrique c’est le train. Mais le train est sous catener. On peut pas avoir des engins électriques d’une puissance à l’échelle du MW hors secteur.

(1) 2014 E. Jérôme. Bilan de carbone d'une prairie pâturée en Région wallonne : effets du climat et de la gestion du pâturage (thèse de doctorat). https://www.notre-planete.info/actualites/4173-prairies-emissions-carbone
Donc si je suis agriculteur, on me demande de produire une denrée alimentaire, de maintenir mon sol, et de produire de l'énergie... Je veux pas être agriculteur. Y a un moment ou il va falloir arrêter d'emmerder les agriculteurs, et commencer à faire de l'agriculture correcte. Il faut du monde en plus sur ce type de travail, y a pas photo.
C'est quand même bien de constater que la science dit l'évidence qu'une vache doit brouter dans son champ, si y a pas assez de champ y a pas de vache, et la vache ne doit pas manger mon maïs ni mon soja. Pour fixer les idées l'herbe de prairie c'est au moins 60 cm d'épaisseur. La quantité de vache par prairie doit être réduite pour conserver cette biomasse. Je n'ai jamais vu la moindre zone d'élevage ou vigne ou champ correct en parcourant la France : zéro. Les champs, les vignes et les prairies de France sont des déserts, il n'y a rien entre les vignes, il n'y a rien en hiver sur les champs, et on voit bien ce que ça donne niveau inondations, etc. On est extrêmement mal barrés. Je ne vois aucune terre agricole couverte, jamais, donc aucun puit de carbone.
Tout résidu végétal et animal doit retourner à la terre pour régénération du sol, préserver le cycle hydrologique et réduire/éliminer les besoins d'intrants. Dès lors rien n'est disponible pour en faire de l'énergie. La biomasse n'est pas une énergie renouvelable aux échelles qui nous intéressent. Le seul puit de carbone net est la fabrication en bois d'objets et batiments qui capturent pour des siècles le carbone dans leur structure : il ne faut certainement pas les bruler !
Pour info 480p suffisent bien souvent : quand tout est écrit assez gros, et en plus à partir de 480p la bande son est en pleine qualité, pour toutes les resolutions au dessus la bande son est la même. Dans bien des cas il est possible de réaliser l'upload en 480p de qualité, augmnter le nombre d'images par seconde ne fait pas grossir le débit de données, et ne réduis pas la qualité d'image perçue au contraire. En plus quand un logiciel exporte en 480p un original de résolution supérieure la qualité augmente par interpolation. Ainsi l'image est plus belle que si c'est youtube qui met à disposition cette vidéo réduite.
Pour quand le grand TAX-SHIFT ? On arrête taxer le travail pour taxer le carbone (et autres poluants), le travail n'est plus la ressource rare. Le FMI le conseille et affirme même que l'on pourrait atteindre les objectifs de Paris avec une taxe de 100€ la tonne. Avec 10 fois plus, on peut verser le brut en net et même supprimer la TVA. Vous imaginer l'impact sur les changements de mode de consommation ?
48:57 le slide affiche qu'une agriculture décarbonée "pourrait nourrir entre 1 et jusqu'à moins de 10 milliards d'habitants " si ...etc.
Comme dirait l'avocat du diable (paysan de surcroit) : un tel delta, c'est pas une fourchette...c'est un râteau :D
Merci de conforter par la science les avis empiriques et toutes mes excuses pour ce mauvais esprit.
Intéressant mais fort orienté "énergétique". Ne pourra-t-on pas réduire le coût énergétique de la production le jour ou l’énergie se payera beaucoup plus cher ? Si on prend l'exemple de l'huile de Palme, le rendement énergétique est bien meilleur (mais avec un gros impact sur l’environnement). L'agriculture sans labour aura-t-elle un avenir le jour ou un litre de gazole coûtera plus de 10 euro ? Saura-t-on réinventer le recyclage des déchets comme nutriments des plantes quand les engrais ne seront plus une option (plutôt que d’incinérer les boues d’épuration comme aujourd'hui pour ensuite les mettre en décharge) ?


7498 | 173 | 53m 8s



Agro Space


Agricultural economics refers to economics as it relates to the "production, distribution and consumption of [agricultural] goods and services".

The word agriculture is a late Middle English adaptation of Latin agricultūra, from ager, "field", and cultūra, "cultivation" or "growing".